Dans une certaine mesure …

Dans une certaine mesure …

Souvent on me demande pourquoi je ne partage pas toutes mes sources d’achat direct.  J’ai créé la boutique du café découvertes pour proposer de trouver des produits qualitatifs qui viennent de loin et dont on ne sait presque rien quand on les achète dans les magasins alors pourquoi ne pas faire pareil pour les producteurs locaux à qui j’achète ?

Si j’ai fait le choix de déserter les grandes surfaces c’est justement parce qu’elles sont grandes. Je suis persuadée que si nous ne savons plus rien sur ces choses que nous achetons c’est justement parce qu’on a remis ce pouvoir entre les mains de grosses sociétés qui n’ont pas les mêmes intérêts que nous.

Pour les achats alimentaires qui viennent de loin, c’est difficile de trouver des producteurs sans avoir aucun savoir sur ces produits, leur provenance, les différentes qualités alors je propose ce qui me semble “essentiel”. Pour le reste, on a une variété d’offres en France qui permet de se débrouiller.

Au départ, la concentration des magasins a permis les économies d’échelle, la simplification des transports et de la conservation des denrées. Mais voilà, lorsque que quelque chose marche, il faut le développer. Pour économiser plus d’argent, pour proposer plus de variétés, pour plus, toujours plus ….etc

Si j’écoutais mon entourage, il faudrait développer le café découvertes, proposer beaucoup d’autres produits, multiplier les lieux de distribution, vendre à plus de gens, ouvrir tout le temps la boutique. Et pourtant mes produits sont des produits rares et ils sont rares car les producteurs qui les proposent font des petits volumes,  y mettent toute leur attention et utilisent les matières premières de leur région du monde.

Je n’ouvre pas tout le temps ce qui me permet de garder un équilibre de vie avec mes déplacements et autres missions, avec ma famille et d’avoir toujours le même plaisir à discuter avec mes clients.

Je suis personnellement persuadée que c’est dans la mesure qu’on trouve l’équilibre.

Par exemple, si on repartit nos achats d’huiles d’olive entre différents producteurs de la région et en fonction de nos affinités et nos goûts, on permet à tous ces petits producteurs de survivre et se développer raisonnablement. Le lien humain est alors maintenu et chacun y trouve son compte. Sinon, on groupe toutes les commandes et on se retrouve dans les dérives des systèmes précédents.

Certains profitent du fait qu’on ait délégué nos achats et notre pouvoir de choix pour lancer des modes : la mode du quinoa, des graines de chia, des baies de goji, le soja. Pareil dans la vie, la mode de la méditation, du yoga, la mode du sport à outrance. On se sait même plus ce qui est bien pour nous car on finit toujours par découvrir que ces modes créent des addictions et des dérèglements (Cf quinoa en Bolivie ou soja en Amazonie).

Dans notre société, je pense que la clé va être de revenir à des choses plus simples, plus raisonnables, différentes pour chacun sans revenir à la vie dure de nos ancêtres, sans renoncer au progrès mais sans se faire aspirer.

Acheter mais dans une certaine mesure….

 

 

 

 

 

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