Des Voyages dans tous les sens

Des Voyages dans tous les sens

Depuis longtemps, j’aime voyager…

J’ai l’âme d’une nomade, c’est comme ça et ça a toujours été le cas. J’adore rencontrer des gens qui pensent différemment, des gens qui ne parlent pas la même langue, la même culture et qui n’ont les mêmes codes que moi.

J’ai fait plein de sortes de voyages. Des voyages professionnels où je ne sortais quasiment pas de l’hôtel et où je ne voyais du pays que ce que mes maigres pauses et les animations incentives me donnaient à voir. Des voyages personnels de découvertes où je traçais la route pour découvrir le maximum d’endroits comme si je voulais en prendre plein les yeux. Puis j’ai commencé à faire des voyages travail-passions, des voyages où je suis entrée dans un endroit en profondeur, où j’ai lié des vrais liens d’amitié, où le retour a été difficile.

Aujourd’hui, j’aime mélanger les styles de voyages mais c’est vrai que plus ça va, plus j’aime prendre le temps de vivre le lieu avec du temps, le temps de vraiment savourer l’instant présent.

Quand je pars dans un nouvel endroit, j’ai les sens en plein éveil, l’esprit très ouvert. Je suis dans une forme d’exhalation enfantine. Et je reviens toujours un peu différente. Pas vous?

Dans tous les sens…

“Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.”
(Marcel Proust)

Il y a des endroits où les odeurs sont incroyables. Lorsque j’ai vécu en Californie, j’ai choisi mon quartier car il embaumait l’Eucalyptus, j’adore le parfum de l’immortelle en Corse et en Vendée qui me rappellent mon enfance, le clou de Girofle me rappelle l’Indonésie, les feuilles de cari l’Inde et le moskitoe São tomé, les orangers l’Andalousie.

Et toutes ces saveurs qui enchantent le palais. le goût des petites mangues et le poisson frais à São tomé, le goût des feuilles de cari et du jus d’ananas en Inde, le goût de la gargoulette de Sidi Bouzid en Tunisie, le goût de la cuisine mexicaine de Maria, le goût des tapas basques…

Plein les yeux. Quelle émotion ce lever de soleil dans le grand Canyon après avoir passé une nuit dans la voiture étudiante dans le désert à côté. Et puis l’arrivée en petit avion sur Rio au Brésil, magnifique…Et tous ces sourires et ces couleurs qui m’en ont mis plein la vue.

En rythme… Le bruit de mes pas et des oiseaux la première fois que j’ai marché dans la forêt primaire à São tomé, je me sentais toute petite. Le tam tam de mon coeur à l’écoute du chant des femmes au détour d’une balade. La musique entêtante et enivrante des fêtes religieuses indiennes. La profondeur du son du didjeridoo en Australie, du luth en Tunisie et Maroc, du Fado au Portugal . Et le silence aussi…

Enfin,le toucher.  la dureté de la peau d’un éléphant sur lequel j’étais, la légèreté d’une feuille de thé, la douceur d’un champ de coton, de la soie en Asie, du sable à HawaÏ.

Un voyage est une vraie expérience sensorielle avant tout .

Un voyage est un bouleversement. C’est une exploration de vie…

“Le vrai voyageur ne sait pas où il va.”
(proverbe chinois)

Un voyage est un moment d’agitation intense. On perd ses repères, des peurs apparaissent. On passe des caps.

L’Inde pour ça est le pays où j’ai été le plus brassée. D’abord le choc la misère, la saleté, l’agression sonore, le bazar. Au bout de quelques jours je me suis dit “c’est ça l’Inde?”. J’avais en tête les ashrams, Amma, le yoga; les belles tenues. Au lieu de ça j’étais dans une grande ville au nord Dehradun, perdue, dans le froid, la violence et la crasse , loin du calme que j’aime, agressée. je n’arrivais pas à débrancher, je me sentais mal, j’avais hâte de partir. Puis je suis partie dans le sud, le Kérala et après un voyage compliqué, nous sommes arrivés dans des endroits super réservés par Sylvia (Anapia). Une soirée de noël chez José et Sinta dans la campagne au calme avec la messe à 5h du matin… Une journée de traitement ayurvédique plus tard, j’étais en pleine zénitude et joie. Un truc avait lâché. Est-ce que ça aurait pu se passer si je n’avais pas été agressée avant…pas sûr. Je vous conseille à tous de regarder Indian Palace; pour moi c’est ça l’Inde. et vous ne pouvez absolument pas savoir à l’avance ce qui se passera en vous. L’inde est l’endroit du lâcher prise. Et en rentrant, l’Inde continuera à se distiller dans vos veines. Que vous y croyez ou pas, demandez autour de vous, l’Inde ne vous épargnera pas…

Lorsque je suis allée en Indonésie, j’avais 23 ans. On est partis en mode jeunes étudiants baroudeurs avec mon mari, sans réservation et sans sous. Arrivée à Java, nuit dans une chambre avec des rats, des cafards, on était dans l’ambiance. Le lendemain 14h de bus public dans un bus bondé avec un chauffeur dingue qui s’endormait et qui nous a fait une sortie de route en pleine nuit car il s’était mis au point mort et s’était à moitié endormi (comme tous les chauffeurs là-bas). On était contents d’arriver à Pangandaran. Je crois que je n’ai jamais autant crié de peur dans un bus, ça l’a beaucoup fait rire… Ensuite sur Bali, alors qu’on partait faire une petite virée en bateau, on a eu une expérience non prévue d’Escalade/ Canyoning pas piquée des verts non plus.

En Tunisie, je n’ai jamais eu autant froid de ma vie. On n’imagine pas ça, n’est-ce pas? Mon copain m’avait annoncé la couleur : prends tes affaires de montagne. Je ne l’ai pas trop cru…. j’aurais du…. C’est dans la montagne et il n’y a pas de chauffage, pas d’eau chaude. Nos hôtes étaient tellement adorables mais waouh, quelle expérience froide…

Mais à côté de ça, on découvre des joies nouvelles, des plaisirs inconnus.

J’ai découvert par exemple que j’adore triturer le poivre, toucher la terre et je ne le savais pas. Dès que je suis dans la campagne n’importe où, je suis chez moi.  Mon lien à la nature s’est révélé, moi qui était plutôt citadine.

J’adore aussi la mer. J’ai nagé au milieu de raies en Polynésie et j’aurais pu rester là des heures, elles m’entouraient de leurs ailes, c’était magique. La tête sous l’eau sur la grande barrière de corail en Australie, dans la baie du Morne à l’île Maurice, au large de Moorea, waouh…J’ai aussi participé grâce à Bastien à une expédition maritime pour  répertorier des espèces marines à São Tomé. C’était si excitant surtout qu’on a découvert une espèce de petite baleine qui était en voie d’extinction dans le monde…

Quant aux ciels, ils me fascinent. A São Tomé, je ne me lasse pas de prendre des photos de ciel.

Ma plus grande satisfaction est d’arriver à comprendre les gens partout sans toujours parler la langue couramment. Nous sommes tous humains et le sourire est la porte d’entrée. Les regards perçants des indiens me fascinent. Les rires, les chants, les émotions pures…..je n’ai jamais eu une communication avec les gens très compliquée mais j’ai appris à m’ouvrir un peu plus à chaque voyage. Les bras chaleureux de mes amis dans plusieurs pays. Cette année, une jeune fille et un garçon de São Tomé du projet m’ont annoncé qu’ils avaient appelé leur fille Caroline (ce n’est pas du tout un prénom de là-bas) parce qu’ils veulent qu’elle ait ma force et ma créativité…quel cadeau..

La simplicité des échanges est devenue ma quête de tous les jours. Partager, partager et encore partager. Comme une enfant, j’apprends chaque jour.et j’écris ce que j’ai appris grâce à  chacune de ces rencontres…

Le livre que je préfère est mon passeport

Et puis il y a l’après voyage….. La digestion, l’intégration.

Bien sûr la préparation du voyage, c’est sympa parce qu’on se projette. mais l’après voyage est un truc tellement imprévisible…

Les paroles s’envolent et les écrits restent, c’est bien connu mais les mots sont impuissants à exprimer tout.

Alors, je remplis des carnets, depuis toujours. Avec des mots, des dessins, des impressions. Je remplis mon appareil photo. Je remplis mon dictaphone.

Vous avez lu ‘No et moi”? Et bien moi, je suis No. Il suffit que je me pose dans une gare, un aéroport, un parc pour que je me sente l’âme d’une exploratrice, une ethnologue. Et le plus dingue, c’est que les gens me font confiance et se confient toujours. C’est mon talent je crois de révéler les talents des autres…

Du coup cette année, je me lance. Je démarre un livre, un témoignage de rencontres, de savoir-faire et de recettes. On verra bien le résultat, mais j’ai tellement d’émotion de me replonger dans tous ces moments que ça va être une sacré expérience, ça aussi.

“On ne fait pas un voyage. Le voyage nous fait et nous défait, il nous invente.”
(David Le Breton)

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