Une histoire presque vraie

Une histoire presque vraie

Vous aimez les histoires ?  Alors je vais vous raconter une histoire presque vraie….

Il était assis au milieu de ce vieux compartiment de train, un sourire aux lèvres, il regardait dehors. Je n’arrivais pas à voir ce qui le fascinait autant.
Cela faisait déjà 10mn que je m’étais assise en face de lui et soudain, il se tourna vers moi et dit “la vie est étrange”. Et comme si il pouvait lire dans mon esprit ma surprise, il continua :
“Elle est étrange car elle est pleine de sensations et de découvertes”
On aurait dit que cet homme voyait ce que je ne voyais pas. Son enthousiasme était communicatif et je me demandais pourquoi je ne pouvais pas, moi aussi, voir de la magie dans ce train.
A vrai dire, dans ce défilé de paysages dehors, je ne voyais que l’hiver qui se préparait. A l’intérieur du train, je voyais un monde pressé, de l’indifférence, parfois même de l’agressivité, je trouvais ce lieu froid et désagréable.
Je regardais dehors, je ne voyais ni poésie, ni lumière. Seulement un temps nuageux et un décor banal.
Petit à petit, je me mis à caler mon regard sur le sien, à battre moins vite dans mon cœur, à imaginer,
Comme si il sentait que j’étais maintenant à même d’écouter les yeux plus ouverts, il me dit “Les gens me disent que je suis étrange”, “moi ce que moi je trouve étrange, c’est de faire une liste de choses à faire alors qu’on renonce à faire ce qu’on aime, c’est de croiser des noms de rue, de villes, de gares sans jamais se demander pourquoi elles se nomment ainsi, c’est d’avaler des choses sans sentir leur saveur et sans savoir ce qu’il y a dedans et ce qui se cache derrière, c’est de parler de l’avenir de la nature dans des bureaux bétonnés, c’est de se laisser guider par des sages qui ne savent rien car ils n’ont jamais essayé, c’est de renoncer à ses rêves par peur de l’inconnu, c’est de s’enfermer dans des salles de sport pour ressembler aux autres alors qu’on rêve justement d’être enfin remarqué, c’est de contredire les idées quand on sait que chaque être est différent, constitué de son vécu et de ses peurs, c’est d’écouter une chanson sans comprendre le sens de ses paroles”.
Je ferme les yeux, je réfléchis….

Je posais mon crayon en souriant. Je réalisais que j’avais beaucoup de chance, de faire le travail que je faisais, d’avoir mis de plus en plus de sens dans ma vie, d’avoir fait tous ces voyages, d’avoir croisé tous ces gens. Je préparais mes projets de livre, mon implication dans des associations de migrants, d’écologie. Je sentais que l’heure était résolument à la sensibilisation et l’action. L’un n’irait pas sans l’autre. Faire et donner envie de faire. Le monde ne bougerait qu’à condition que tout le monde s’y mette. Lorsque j’avais décidé d’écrire le début de cette petite histoire seule dans mon compartiment de train en provenance de Grenoble,seule, j’avais pris le temps de cette pause. Depuis quelques années j’avais compris et appris à mettre des respirations dans ma vie, pour mieux en apprécier la magie. Car partout et tout le temps, magie il y avait. A ce moment je lève les yeux, un monsieur me regarde appuyé sur la fenêtre du couloir, il sourit. Je devine qu’il a lu dans mes yeux l’âme d’enfant qui se réjouit.

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