Résiste, Prouve que tu existes

Résiste, Prouve que tu existes

Chers amis,

Ce matin j’écris, bouleversée par la démission de Nicolas Hulot. Impossible de bien dormir et une grand émotion à chaque fois que j’entends le récit de cette démission. Moi, qui, d’habitude, n’écoute pas les médias, je suis scotchée à ma radio, incrédule face à ce qui se passe.

Ce n’est pas le départ de Hulot mais ce constat d’impuissance qui me désole. Les décisions qui concernent la vie, c’est-à-dire l’eau, l’air, la terre, les humains et les autres espèces ne sont pas adressées au niveau des décideurs de notre pays. Complètement incroyable quand on y pense.

La vie n’est pas un bien de consommation, ça ne rapporte pas d’argent….

Je crois que je viens d’accepter que oui, la réalité est là, nous sommes seuls et désorganisés dans une situation catastrophique qui nous dépasse largement. Bien sûr je le savais. Mais l’intégrer c’est autre chose. C’est le corps qui comprend. Et la tristesse d’Hulot m’a fait réaliser.

Certaines de mes connaissances se réfugient dans le cynique “bien fait, on le savait que Macron, c’était que du vent sa conscience écologique”, d’autres pensent “ben oui mais si les gens se bougeaient un peu plus”. Et hier soir, j’étais à un apéro tranquillement et on n’en a même pas parlé. Et ça m’a fait du bien. J’aurais été incapable de retenir mes larmes.

Je suis abattue car comme le dit bien Cyril Dion qui a fait tant de bien à notre pays avec son film Demain et ses écrits, la solution de la négociation n’est plus envisageable. Et même si je n’avais aucune illusion sur le pouvoir des lobbyers pour en avoir approché de près dans le domaine de l’alimentaire, j’avais toujours envie d’y croire un peu au fond.

Mon compagnon me disait que tout ça lui faisait penser à l’histoire de Chamberlain qui avant la seconde guerre mondiale avait essayé le compromis avec Hitler comme l’espoir de la dernière chance. La situation des Français, des peuples à l’époque ressemble à celle que nous vivons où on préfère une solution qui ne change pas trop habitudes et confort. Alors on soutient ceux qui ont un discours qui va dans ce sens. Quitte a faire quelques compromis avec notre conscience :(certains états européens déjà envahis en 39, mais pas encore la France, c’est un peu comme le climat). Maintenant c’est d’autres compromissions qui sont en jeu : mon boulot, mon confort, mes vacances, mon pouvoir d’achat… On a tous tendance à attendre d’être au pied du mur…Et l’histoire montre que la fuite, c’est reculer pour sauter encore plus fort. Ça ne marche pas….

“La sécurité alimentaire de nombreux pays est menacée à cause de sécheresses, des millions de personnes n’auront plus accès à l’eau potable en 2020 en Afrique, inondations soudaines, disparition de nombreuses côtes en Asie et même en Europe, la lecture de certains manuels me donne le tournis.

Tout paraissait lointain et maintenant c’est là, juste à côté et de plus en plus souvent. Et mes amis sont touchés. Les producteurs indiens chez qui je logeais ont perdu terre et toit et ils continuent de se relever et s’entraider. Et j’imagine que mes amis de Sao Tomé vont vivre des événements dramatiques, encore, eux qui sont complètement sortis de la colonisation et de ses traitements intolérables il y a même pas 50 ans.

Et cette phrase que je me répète dans ma tête, “résiste et fais de ton mieux, continue à nager à contre courant”.

Ce qui m’effraie, c’est la mort de nous, humains, et des espèces végétales et animales autour de nous.

Beaucoup de gens remettent la faute sur les autres. “Les gens s’en foutent” mais les gens c’est “nous”. Nous tous. Et oui, une partie de nous veut s’accrocher au déni. Les informations on les a.

Je me dis que ce qu’il faudrait c’est qu’on ait une fiche de “bilan environnemental personnel”. On pourrait mesurer avec un système de notation malus ou bonus où on en est.

“Tu achètes directement à des producteurs et non à des usines ou multinationales polluantes : des points en plus

Tu voyages en avion : points de malus

Tu gâches : points de malus

Tu fais un job positif pour la planète : points de bonus.

Tu donnes tes économies à des actions positives : bonus”

Comme ça on serait seul face à nous même.

On se dirait qu’on doit progresser. Si on est à 25% d’actions + : on est au minimum requis.

En deçà on est considéré comme collabo. Collabo du meurtre de centaines de milliers d’espèces.

Entre 25 et 50% on est en progrès, on aide le climat à un peu moins se réchauffer.

Au delà de 50%, on est des résistants.

On pourrait faire notre bilan national et international. Là ça serait plus dur car ceux qui vivent dans les pays les plus touchés ne sont pas les gros consommateurs.

S’occuper chacun de soi. Arrêter de regarder les autres.

On devrait avoir un temps obligatoire d’action dans des projets communautaires.

Mon cerveau est en pleine ébullition.

“Pour chaque degré supplémentaire, le risque, la fréquence et l’ampleur de ces calamités augmentent. Et ces +2°C sont perçus comme une sorte de seuil de sécurité, au-delà duquel tout s’emballerait. Il s’agit donc de limiter les dégâts pour la planète” Cop21.

Tout est lié. Pas seulement les énergies et le transport. Tout. Encourager la petite production, éviter la monoculture, acheter moins, manger moins et mieux….. Ça sert à rien de renvoyer la balle. On va devoir faire ensemble avec.

C’est difficile de renoncer à se dire “tant pis, je sais que le gros bazar arrive mais je vais continuer à vivre comme je vivais et partager avec ma famille et tout ce qui est pris est pris et quand on sera face à un mur, on y sera. Mais ne vaut-il pas mieux vivre 50 ans à 75% de bonheur que 10 ans à 100% puis plus rien. Je n’ai pas envie de priver mes enfants de plaisir et légèreté. Mais en consom’actant je me suis rendue compte que changer mes comportements d’achat ça n’a pas été douloureux. Ça m’a rendu plus forte. C’est pour ça que je travaille sur un livre sur ce thème. Au fond, personne ne peut être vraiment heureux dans le déni car le petit fond de culpabilité qu’on a dans le ventre il ne disparaît que quand on passe à l’action.

Comme dirait ma copine, on est même pas des fourmis dans l’univers alors de toute façon on ne pourra faire des choses que dans la limite des capacités des fourmis. Y’a qu’à regarder comme elles peuvent soulever des montagnes quand elles sont toutes bien ensemble et dans le même sens….

“Vouloir imposer un grand récit est souvent l’apanage des religions ou des dictatures. Ce que j’appelle récit, c’est le sens général que nous donnons à nos sociétés. Pour moi, c’est la multitude de petits récits qui créera un récit plus global : ceux qui racontent comment faire pousser des légumes sans engrais chimiques, pesticides et pétrole ; ceux qui racontent comment se passer d’énergies fossiles ; ceux qui créent des monnaies sans passer par les banques… Tous ces récits constituent une transformation culturelle, qui peut ensuite se traduire dans des structures sociales, politiques et économiques”.Cyril Dion, Petit Manuel de résistance contemporaine (Actes Sud)

“Aujourd’hui, la plupart d’entre nous envisage l’écologie comme une perte potentielle, le renoncement aux quelques acquis dont nous pouvons profiter, notre confort, notre emploi, notre voiture, etc. Alors nous nous trouvons chaque jour face à des choix cornéliens : « J’ai besoin de ma voiture pour aller travailler, mais si je prends ma voiture, je pollue » ; « Je vends encore des Airbus parce que cela crée des emplois, mais ces mêmes avions polluent terriblement l’atmosphère »… Avec Demain, nous avons essayé de montrer que quand on raconte correctement une histoire de l’avenir « inspirante », pour susciter l’enthousiasme et la créativité, ça marche. Et les initiatives sont innombrables, du Plan climat pour Paris, très ambitieux, aux efforts de certains entrepreneurs pour s’engager résolument sur le plan social et environnemental, sans parler des simples citoyens qui ont changé de boulot…” Interview Cyril Dion, Télérama à lire dans sa totalité 

Je vais me faire ma feuille de route Colibris 2019. 12 mois pour 12 actions locales. En mode fourmi qui ne renonce pas.

Une chose est sure, je vais continuer à boycotter tous ces grands groupes qui ont tout abîmé, hypermarchés, hyperindustries.

Je vais continuer à changer certains de mes comportements. Petit à petit, pas à pas.

Je vais aller nettoyer la rivière devant chez moi.

La seule chose qui compte : passer à l’acte.

 

 

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