Voyages 2.0… Fast or Slow Travel ?

Voyages 2.0… Fast or Slow Travel ?

Fraîchement rentrée d’une mission pour une agence de voyages sur-mesure Anapia Voyages, j’ai pu découvrir le monde des distributeurs/assembleurs de voyages

26 Juin 2018, j’arrive dans le grand centre des congrès de Nusa Dua à Bali. Discours d’accueil du ministère du tourisme sur les nouvelles opportunités de développement du tourisme à Bali et plus généralement en Indonésie. Avec ses 14000 iles, l’Indonésie fait partie des 20 destinations au monde en plus fort développement touristique. Bali reste la destination N°1.

D’un côté, le ministre local du développement touristique exprime sa volonté de développer les axes routiers, d’augmenter les lieux d’accueil. De l’autre le souhait de s’appuyer sur la tradition, la spiritualité, les savoir-faire traditionnels. Je me demande si tout ça n’est pas un peu autonymique. Et pourtant le tourisme version 2.0 c’est un peu ça. Deux tendances complètements différentes. Le tourisme version sur-consommation. Et le tourisme que je nommerais “back to the future” qui s’intéresse aux rapports humains, au lien à la nature et à l’authenticité avant tout.

3 jours de salon. L’ objectif est clair : développer le business touristique entre 500 sociétés acheteuses, vendeuses, intermédiaires venues de 40 pays du monde.

Je suis très heureuse de représenter Anapia, agence atypique, qui, loin du tourisme de masse, privilégie la rencontre directe et le partenariat. Sylvia, la créatrice péruvienne de cette agence est une authentique. Elle développe son agence avec des personnes qui lui ressemblent. Elle crée avec ses équipes des relations long terme avec des petits hôtels ou guesthouses, des guides francophones ou anglophones. Ses clients sont fidèles et en confiance. Je crois beaucoup à cette façon de voyager.

 

Me voici donc en immersion dans un monde que je connais peu.

Dans le schéma traditionnel, l’agence de voyages construit un “produit voyage” à partir de ses partenariats avec des réceptifs, tours opérateurs plus ou moins compétents et connaisseurs de ce qu’ils proposent. Il le propose ensuite à ses clients.

Seulement voilà, le consommateur 2.0 du tourisme n’est plus le même.

Internet a bien changé la donne. Les gens achètent plus directement leurs séjours aux hôtels et transporteurs. La tendance est un peu moins vrai pour les voyages lointains car la barrière de la langue et la méconnaissance des pays permettent aux agences de voyage de continuer à prospérer. Les On-line packages sont privilégiés.

Nouvelle tendance également : on échange des maisons, des part à plusieurs avec des inconnus, on part faire un week-end “surprise”. Dans le voyage comme ailleurs, on veut de l’innovation.

Quelque soit le voyage, une chose est certaine, le voyage reste un rêve.

Et ce que je ressentais dans la première conférence s’est vérifié après. Je suis partie faire un “post tour” avec 10 agents de voyage de pays européens différents dans les iles Komodo. Discutant avec eux, je me suis rendue compte que plusieurs parlaient de même profils de voyageurs :

1- Les “Slow” voyageurs, en voyages solidaires ou écologiques.

Grande tendance actuelle. Face aux enjeux planétaires, de plus en plus de personnes décident de voyager utile. Voyages humanitaires, voyages engagés, nombreuses sont les nouvelles propositions d’agences en partenariat avec des ONG.

2- Les “Fast” voyageurs

Ces voyageurs réclament de multiplier les destinations, d’aller dans les plages les plus incroyables. L’objectif est de cocher un maximum de cases sur une liste de lieux où il faut aller se prendre en selfie pour être “fashionable”.  Pas pour s’y poser mais bien plus, pour dire “j’y suis allé”.

Personnellement, je ne sais pas comment font les gens qui veulent tout faire. J’aime rester dans les endroits, prendre le temps de ressentir. Je suis toujours frustrée de repartir trop vite. J’aime les “Slow Travel”…

3- Les voyageurs en “groupe”et “à thème”

Face à la disparition des structures familiales, de nombreuses personnes se retrouvent autour de voyages à thèmes (sports, musique, voyages pour célibataires).

Et vous, quel type de voyageur êtes vous?

Depuis que je suis petite, les rencontres et les voyages nourrissent ma curiosité insatiable. Et je réalise que de plus en plus, je fais partie de ce groupe de gens qu’on pourrait qualifier de “nomades inconditionnels”. Je suis absolument épanouie dans les aéroport et gares, j’aime voyager seule ou à plusieurs et je dors mieux en voyage que chez moi. En mouvement, sur la route, je retrouve mon calme. J’ai définitivement abandonné l’idée de faire autrement.

Pourtant mon bilan carbone est lourd et je suis absolument consciente que je serai un jour obligée de voyager à pied plutôt qu’en long-courrier.

Le salon me permet de découvrir des destinations inconnues absolument magnifiques. L’Indonésie a tellement de trésors cachés. Du côté de Bali, je ne retrouve pas le lieu que j’avais découvert il y a 20 ans. je décide alors de prendre l’air, sortir de ce lieu de conférence climatisé pour me perdre dans les petites rues et là je retrouve Bali. Temples partout, offrandes, traditions.

Je rencontre une vieille dame avec qui je m’assois pour préparer des paniers à offrandes avec des feuilles de palmiers. Elle m’invite à visiter sa maison. Son fils est en train de jouer du Gamelan, instrument traditionnel à Bali. Odeurs de jasmin, de girofle, sourires bienveillants, musique, tout y est. la magie de Bali est là à quelques pas des grands axes hôteliers et routiers.

Arrivée sur les iles de Komodo, je découvre ces animaux mythiques que sont les Komodos, varans datant de 4000 ans. Il est clair que pour les voir, les villages sont les meilleurs spots car les villageois laissent quelques trucs trainer. Sauf que cette nourriture humaine n’est pas bonne pour eux car elle déséquilibre leur capacité à trouver leur nourriture. Mais sinon, on ne pourrait les voir qu’avec des jumelles et adieu les selfies…

Combien de fois aies-je vu des plongeurs essayer de toucher les tortues, les dauphins et s’approcher très près de raies mantas pour faire des selfies extraordinaires. On parle de nature sauvage et je réalise que là encore, nos gestes inconsidérés sont des attaques directes à l’équilibre de notre planète.

Arrivée sur le bateau, on nous donne des gourdes. Petit geste simple qui évite tant de plastique rejeté en mer ou sur les plages. J’ai remarqué d’ailleurs que dans l’avion KLM qui m’amenait à Bali, de nombreuses personnes avaient leurs gourdes. L’Europe du Nord est très en avance sur la France dans ce domaine.

Dans l’hôtel par contre, toujours cette tendance de changer les serviettes tous les jours, faire le ménage tous les jours. Je dois me battre pour que le ménage ne soit pas fait pendant 3 jours. Sachant que je passais quelques heures seulement dans cette chambre pour dormir, je ne voyais pas l’intérêt de cautionner une pratique inutile.

Enfin, je découvre que, comme dans beaucoup de voyages, encore beaucoup d’Européens veulent manger Européen au lieu de manger local et frais. il est vrai que la cuisine asiatique est souvent épicée. Mais faire venir des pizzas ou des boissons de l’autre bout du monde, est-ce que ça a vraiment un sens?

Bilan de ce séjour? Une très belle mission et de belles rencontres. une envie de créer des partenariats à long terme avec des lieux authentiques, des guides et une volonté farouche de mettre en avant ce qui est beau et authentique dans ces pays.

 

 

 

 

 

 

 

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